Publié le 30 décembre 2025

Réduire les impôts lors d’une transmission immobilière peut viser deux objectifs distincts : diminuer l’impôt sur le revenu via un don à un organisme éligible, ou alléger les droits liés à une transmission (donation de votre vivant ou legs par testament). Ces deux leviers obéissent à des règles différentes, et leur efficacité dépend du bénéficiaire, du calendrier et de la forme choisie. Selon les dispositions du Code général des impôts reprises par le bulletin officiel des finances publiques, la réduction d’impôt sur le revenu peut atteindre 66 % du montant des dons, dans la limite de 20 % du revenu imposable. Ce guide propose un comparatif entre donation et legs, ainsi qu’une trame de préparation pour votre rendez-vous chez le notaire.Ce contenu est informatif et ne remplace pas un avis juridique ou financier personnalisé. Consultez un professionnel qualifié pour votre situation spécifique. Pour comprendre ce qui se joue côté acte et frais associés, vous pouvez consulter les explications relatives aux frais de notaire pour une donation, qui détaillent les postes de coût et les leviers de simulation.

Cadre de prudence : ce qui dépend de votre cas

  • Ce guide est informatif et ne remplace pas une analyse juridique et fiscale personnalisée (régime matrimonial, héritiers, valeur du bien, objectifs).
  • Les règles et dispositifs peuvent évoluer (loi de finances, doctrine) depuis la date de mise à jour de l’article.
  • La valorisation du bien, le choix de l’acte et la rédaction (donation/testament) doivent être sécurisés pour éviter contestations et redressements.

À vérifier auprès de : un notaire et les sources officielles de l’administration fiscale (doctrine BOFiP, textes applicables).

Comprendre quels impôts vous pouvez réellement réduire et à quelles conditions

Trois termes sont souvent confondus, alors qu’ils renvoient à des mécanismes fiscaux différents : le don désigne un versement à un organisme d’intérêt général, la donation immobilière correspond à une transmission de votre vivant, et le legs s’effectue par testament au moment du décès. L’impôt concerné dépend directement de cette distinction.

Façade d'une maison en pierre française au soleil couchant, jardin visible

Don, donation ou legs : quel impôt réduire ?

Vous réduisez l’impôt sur le revenu via des dons sous conditions, et vous pouvez réduire les droits liés à une transmission immobilière en choisissant un cadre adapté (donation notariée, legs à un bénéficiaire pouvant bénéficier d’un régime d’exonération selon son statut). Le point de départ : clarifier l’impôt visé, le bénéficiaire et le calendrier.

Ce contenu est informatif et ne remplace pas un avis juridique ou financier personnalisé. Consultez un professionnel qualifié pour votre situation spécifique. En pratique, le bénéficiaire, la valeur du bien et la forme de l’acte sont déterminants : sécurisez ces points avant toute signature.

Pour l’impôt sur le revenu, la réduction fiscale atteint 66 % du montant des dons, retenue dans la limite de 20 % du revenu imposable selon le bulletin officiel des finances publiques. À partir de l’imposition des revenus 2024, certains versements sont retenus dans la limite de 1 000 € selon les dispositions de l’article du Code général des impôts sur Légifrance. Pour la transmission immobilière, le passage par un notaire est obligatoire : comme l’indique le portail Service-public.fr, les donations de biens immobiliers nécessitent l’intervention d’un notaire et un acte authentique.

Pour approfondir le cadre général et les principales notions, vous pouvez consulter les informations relatives à la fiscalité des dons et legs en France proposées par des organismes reconnus d’utilité publique.

Une fois l’impôt visé clarifié, le vrai choix se fait souvent entre agir de votre vivant (donation) ou organiser votre volonté au décès (legs) : voici une grille simple pour trancher sans vous piéger.

Donation ou legs immobilier : comment choisir sans vous tromper

Le choix entre donation et legs repose sur trois critères décisifs : le moment où vous souhaitez transmettre, le degré de contrôle que vous voulez conserver, et le statut du bénéficiaire qui conditionne le traitement fiscal.

Donation immobilière de votre vivant : démarches et points fiscaux à valider

La donation immobilière s’effectue de votre vivant, par acte authentique établi chez un notaire. Ce formalisme, imposé par la loi pour tout bien immobilier, garantit la sécurité juridique et limite les risques de contestation ultérieure. En pratique, lors de la préparation du dossier, le notaire vérifie la situation du bien (titres, occupation, servitudes) et vous accompagne sur la valorisation défendable. Ce passage obligatoire implique des frais, mais offre une traçabilité complète et un cadre opposable aux tiers.

Situation typique : un propriétaire souhaite transmettre un appartement à ses enfants de son vivant. Le notaire établit l’acte, calcule les droits applicables selon les abattements en vigueur, et formalise la mutation au fichier immobilier. Points de contrôle terrain : vérifier que les pièces sont à jour (titre, diagnostics), que la valorisation correspond au marché, et que les bénéficiaires sont bien identifiés.

Legs immobilier par testament : effets au décès et selon le bénéficiaire

Le legs s’organise via un testament et prend effet au décès du testateur. Vous conservez la maîtrise du bien jusqu’au bout : possibilité de modifier vos dispositions, de vendre ou d’occuper le bien. Le traitement fiscal dépend notamment du bénéficiaire désigné. Si le légataire est une association ou une fondation reconnue d’utilité publique, les biens légués peuvent être exonérés de droits de succession, à condition que le statut exact corresponde aux critères légaux. Cette exonération ne s’applique pas automatiquement : la vérification du statut du bénéficiaire auprès du notaire est indispensable.

En pratique, voici ce qui se passe : vous rédigez ou faites rédiger un testament, le notaire le conserve au fichier central des dispositions de dernières volontés, et au décès, le légataire désigné reçoit le bien selon les modalités prévues. À vérifier avant de finaliser : le statut exact du bénéficiaire, la cohérence avec les droits des héritiers réservataires, et la forme du testament (olographe ou authentique).

Ce comparatif synthétise les critères à examiner pour orienter votre décision, sans entrer dans des barèmes détaillés qui dépendent de chaque situation.

Comparatif donation et legs immobilier selon vos priorités
Critère Donation immobilière Legs immobilier
Moment de la transmission De votre vivant Au décès
Formalisme Acte authentique chez notaire (obligatoire) Testament (olographe ou authentique)
Contrôle sur le bien Transféré immédiatement (sauf réserves) Conservé jusqu’au décès
Fiscalité Droits de donation selon bénéficiaire Droits de succession, exonération possible selon bénéficiaire
Risque principal Valorisation contestable, pièces incomplètes Statut du bénéficiaire non conforme, contestation d’héritiers

Ces leviers ne servent à rien si la démarche est bancale : la prochaine étape consiste à sélectionner le levier pertinent et à préparer des justificatifs solides pour votre rendez-vous chez le notaire.

Les leviers concrets selon votre scénario : proche, association, conservation de l’usage

Chaque levier fiscal dépend de votre objectif et du bénéficiaire visé. Les actions ci-dessous sont à valider avec un notaire et les sources officielles, car les conditions d’application varient selon la situation.

Poignée de main entre deux personnes dans un cadre professionnel, lumière naturelle

Six leviers à prioriser pour réduire la facture fiscale

  1. Distinguer l’impôt visé : impôt sur le revenu (don à un organisme) ou droits liés à la transmission (donation/legs). Écrivez votre objectif en une phrase avant tout rendez-vous.
  2. Vérifier l’éligibilité de votre don : si vous visez l’impôt sur le revenu, confirmez que votre don entre bien dans le cadre ouvrant droit à la réduction prévue (organisme éligible, justificatifs).
  3. Ancrer votre décision sur les chiffres de référence : réduction d’IR de 66 % dans la limite de 20 % du revenu imposable, sous conditions selon le bulletin officiel des finances publiques.
  4. Accepter la logique « sécurisation = notaire + acte authentique » : pour une donation immobilière, préparez les pièces pour limiter les allers-retours et accélérer l’instruction.
  5. Vérifier le statut du bénéficiaire : si votre priorité est de soutenir une cause via un legs, confirmez que le bénéficiaire relève du statut pouvant entraîner une exonération de droits de succession (association ou fondation reconnue d’utilité publique).
  6. Documenter et archiver : conservez une trace claire de la démarche (pièces, décisions, justificatifs) pour réduire les risques de blocage ou de contestation ultérieure.

66 %

Réduction d’impôt sur le revenu au titre des dons (sous conditions, selon le bulletin officiel des finances publiques)

20 %

Limite de prise en compte par rapport au revenu imposable (sous conditions)

1 000 €

Plafond spécifique pour certains versements à partir des revenus 2024 (selon le cas prévu par Légifrance)

Ces leviers ne produisent des effets que si l’exécution est rigoureuse : la prochaine étape consiste à sécuriser l’acte, les pièces et la valorisation, tout en évitant les erreurs qui bloquent une transmission.

Démarches à sécuriser : notaire, documents, valorisation du bien, erreurs fréquentes

La logique à suivre est simple : sécuriser avant d’optimiser. Pour un bien immobilier, la donation notariée impose le passage par un notaire et l’établissement d’un acte authentique. Cette obligation protège toutes les parties et garantit l’opposabilité de la transmission. La préparation du dossier conditionne la fluidité de la démarche et la solidité du montage.

  • Documents à réunir : titres de propriété, informations sur le bien (adresse, lots si copropriété), situation d’occupation, derniers éléments utiles de gestion, identité et coordonnées des bénéficiaires.
  • Questions à préparer : quel objectif fiscal réaliste (IR ou droits) ? Quel calendrier (immédiat ou au décès) ? Quelles clauses ou précautions pour éviter les contestations ? Quelle traçabilité conserver ?
  • Action recommandée : apporter une fiche de cadrage d’une page (objectif, bien, bénéficiaires, contraintes) pour accélérer l’instruction du dossier.
Vrai ou faux : cinq erreurs fréquentes à corriger :
  1. Confondre « don » et « donation » :
  2. Croire qu’un document simple suffit :
  3. Oublier de qualifier le bénéficiaire :
  4. Négliger la cohérence des informations :
  5. Sous-estimer l’importance de la preuve :
Réponse :
  1. reformulez votre objectif fiscal avant de choisir l’acte.
  2. en immobilier, la donation par acte authentique est obligatoire.
  3. vérifiez le statut lorsqu’une exonération est envisagée.
  4. bien, bénéficiaires, contraintes d’occupation, pièces à jour.
  5. conservez une traçabilité (pièces, échanges, décisions) pour limiter contestations et blocages.

Si vous souhaitez cadrer votre stratégie avec un tiers qualifié, vous pouvez envisager un accompagnement professionnel en défiscalisation pour structurer vos démarches.

Questions fréquentes sur le don, la donation et le legs immobilier

Donation ou legs immobilier : qu’est-ce qui réduit le plus les impôts en France ?

Cela dépend de l’impôt visé et du bénéficiaire. Comparez calendrier, contrôle et statut du bénéficiaire, puis validez chez un notaire. L’exonération de droits de succession peut s’appliquer pour un legs à certains organismes reconnus d’utilité publique.

Est-ce qu’un don immobilier à une association ouvre droit à une réduction d’impôt ?

La réduction d’IR existe pour des dons sous conditions. Vérifiez l’éligibilité de l’organisme et les justificatifs attendus selon votre situation, en vous référant au bulletin officiel des finances publiques.

Faut-il passer chez le notaire pour donner un bien immobilier ?

Oui, la donation d’un bien immobilier nécessite un notaire et un acte authentique, comme l’indique le portail Service-public.fr.

Legs à une association : y a-t-il une exonération de droits de succession ?

Les biens légués aux associations ou fondations reconnues d’utilité publique peuvent être exonérés de droits de succession. Le statut exact du bénéficiaire doit être confirmé auprès du notaire.

Quels documents préparer avant un rendez-vous chez le notaire ?

Titres de propriété, informations sur le bien, identité des bénéficiaires, contraintes d’occupation, et une fiche de cadrage résumant votre objectif et vos questions.

Pour conclure, la réduction d’impôts lors d’un don ou d’un legs immobilier repose sur quatre étapes clés :

  1. Écrire clairement votre objectif fiscal (impôt sur le revenu ou droits de transmission).
  2. Qualifier le bénéficiaire et vérifier les conditions d’éligibilité.
  3. Choisir entre donation et legs selon votre besoin de contrôle et votre calendrier.
  4. Sécuriser l’acte et la preuve avec un notaire, en conservant une traçabilité complète.

Les règles évoluent régulièrement : avant toute décision, vérifiez la version en vigueur des textes et de la doctrine auprès de l’administration fiscale et de votre notaire.

Rédigé par Bernard Delacroix, auteur spécialisé en défiscalisation immobilière et transmission patrimoniale. Il rédige des contenus pédagogiques orientés “décision” pour aider les propriétaires à comprendre les mécanismes (donation, legs, droits, rôle du notaire) et à préparer leurs démarches. Son approche met l’accent sur la prudence YMYL, la vérification par sources officielles et la préparation de check-points avant signature.